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22/12/2008

L'Usine à Gosses -La discipline - suite 3

En ce qui me concerne, j'eus recours aux lignes. Le papier était contingenté et certains parents particulièrement compréhensifs interdisaient à leurs rejetons d'utiliser leurs cahiers pour faire des punitions. Je dus me rabattre sur les retenues et je m'y collai aussi ; ça se passait le soir et ainsi je prenais le métro une demi-heure plus tard, en pleine affluence.

Allons, je n'étais pas tellement à plaindre. Un de mes collègues se fit traiter de "salsifis" en leçon de chant et deux élèves à qui il avait refusé la sortie hygiéniques traditionnelle se soulagèrent, l'un par terre, l'autre dans une gobelet à peinture où une main traîtresse avait jeté un morceau de carbure.


L'instituteur titulaire de la classe était là, en train de corriger ses cahiers.

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Il se contenta de faire ouvrir la fenêtre :
- Il faut que vous fassiez votre discipline vous-même. Je ne peux intervenir que dans les cas graves, comprenez ?

Quand j'eus terminé ce stage de quinze jours, j'avais maigri de cinq kilos et ce n'était pas à cause des restrictions.
Le directeur, en me signant mon rapport, me dit avec un bon sourire :

- Ils sont gentils, hein : un peu turbulents, mais c'est de leur âge ! Et pleins d'imaginations ! Jeudi matin, j'en ai rencontré deux qui s'amusaient à faire flotter un plumier dans le ruisseau. Je leur ai dit :

- Qu'est-ce que vous faites ?
- M'sieu, c'est un cuirassé !

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Un plumier, c'était un cuirassé ! Splendide !



Suite...........

12/12/2008

La discipline-suite 1

Par un des hasards dont le destin a le secret, la classe qui m'avait été confiée se trouvait démunie d'instituteur.
Tandis que mes camardes plus chanceux pouvaient débiter leurs leçons, garantis par la présence du titulaire aguerri par vingt ans de métier, je me trouvai en tête à tête avec trente-huit innocents de neuf à treize ans qui, sachant bien que je n'étais qu'élève-maître, avaient résolu de m'en faire baver. Et cela ne traîna pas.

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Tant qe je les regardai en face, tout se déroula à peu près normalement. J'excepte, évidemment, quelques cris d'animaux jaillissant à tour de rôle de chaque coin de la classe. Impossible de les localiser et je ne connaissais aucun élève par son nom.
Je tâtai d'un peu de bluff :
- Je sais très bien que c'est Durand qui mène le concert. Comme je ne voudrais pas commencer la classe par une punition.......
Le Durand en question m'avait été particulièrement recommandé et je ne risquais rien en le chargeant de tous les péchés. Dans ma candeur naïve, je m'imaginais que mon petit sermon allait le visser pour un bout de temps.
Durand se dreessa, tout debout, sur son banc :
-Ouais! Quand y en a un qui fait une connerie, c'est toujours Durand qui trinque ! Ben il en a marre, Durand, vous comprenez ?
Je mis du temps à réaliser, mais je voulus m'en tirer :
- Est-ce que je t'ai puni ?
- ça va pas tarder ! Allez-y, collez moi au piquet à la récré ! Moi je m'en fous, vous serez obligé de vous y mettre aussi pour me surveiller et ça vous embêtera plus que moi !
Je lui suis gré 'avoir employé le verbe "embêter". J'essayai encore la persuasion :
- Je t'ai demandé si je t'ai puni. C'est oui ou c'est non ?
- Oueh !
- Eh bien alors ? Qu'est ce que tu as à réclamer ?

Ni lui ni ses copains ne s'attendaient à ça et je m'apprêtais à jouir de ma victoire. Hélas ! Je devais me retourner, pour écrire la dade au tableau..........
Pan, une amorce. Non, deux.
Je fis volte-face.
Soixante-seize bras croisés. Pas un murmure.
J'écrivis : lundi
- M' sieu, je peux aller aux chiottes ?
- Moi aussi, m' sieu. Moi, m' sieu. M'sieu, j' tiens pas !

J'envoyai Jean-Jacques Rousseau à tous les diables.
- Qui veut aller aux cabinets ?
Tout le monde leva la main.
- Une mauvaise note générale
- Hou !
- Durand, passe à la porte.
- ca y est !
Mais il ne bougea pas.
- Il faut que j'aille te chercher ?
- C'est la faute à Bucheon ! Eh ben, tiens, v'la ce que j'y fais à Buchon !
Et hop ! l'encrier sur le cahier du voisin. Résignation, inconscience, complicité sublime ? Buchon me regarda d'un air navré :
- Il me fait ça trois fois par jour, m'sieu, y a rien à faire !


suite.........................

 
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